L'accident vasculaire cérébral (AVC), de survenue brutale, est une urgence médicale. Ce dossier de la revue SOINS met l’accent sur la nécessité d'agir au plus vite afin que le patient puisse bénéficier d'une prise en charge optimale, gage d'une meilleure récupération, car l'AVC est très souvent associé à un mauvais pronostic.
Avant-propos - Une course contre la montre
Première cause de handicap acquis de l’adulte et deuxième cause de démence, première cause de mortalité chez les femmes et troisième chez les hommes, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) restent, en 2018, une préoccupation individuelle et sociétale.
De survenue brutale, l’AVC est souvent lié à un mauvais pronostic. Des possibilités d’amélioration existent à condition que les traitements soient immédiats, en particulier pour les AVC ischémiques. Depuis quelques années, des révolutions dans les traitements d’urgence ont bousculé les prises en charge soignantes.
Selon la localisation de l’AVC, la variété des signes cliniques qu’il induit complexifie leur repérage. Quel que soit l’âge de la personne, la survenue brutale d’une faiblesse ou d’un engourdissement du visage, d’un bras et/ou d’une jambe, d’une diminution ou d’une perte de la vision, d’une difficulté de langage ou de compréhension, d’une perte d’équilibre, de troubles de la coordination, d’un mal de tête sévère, soudain et sans cause apparente, doit conduire à une suspicion d’AVC. Une course contre la montre s’engage alors, chaque demi-heure perdue avant de libérer l’artère obstruée augmentant de 20 % le risque de handicap et de mortalité à trois mois.
Cette urgence médicale nécessite la collaboration de nombreuses équipes : premiers secours, services d’urgences et d’imagerie, soins intensifs neurovasculaires, neuroradiologie interventionnelle, parfois réanimation et neurochirurgie. Malheureusement, alors que son bénéfice est démontré, seule la moitié des victimes bénéficie d’une hospitalisation en soins intensifs neurovasculaires.
Il est essentiel de comprendre l’organisation des filières de soins, la complexité des soins infirmiers liés à l’évolution initiale des AVC, à la thrombolyse ou à la thrombectomie, les interventions visant à prévenir le traumatisme psychologique secondaire et à accompagner le patient vers la convalescence, et de participer à la formation du grand public.
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Perrine BoursinInfirmière, coordinatrice du Centre de rechercheet formation en pathologie neurovasculaireNeuroradiologie interventionnelle, Fondationophtalmologique Adolphe-de-Rothschild, Paris.
Christophe DeboutInfirmier anesthésiste PhD, responsable pédagogique IFITS,membre de la chaire Santé Sciences-Po/IDS UMR Inserm 1145deboutc@aol.com
SOINS n° 828 – Septembre 2018
Éditeur : Elsevier Masson
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